Ce projet s'appuie sur l'expérience des deux structures :
  • LAMSIN-ENIT, premier laboratoire de recherche en Mathématique Appliquées de Tunisie, regroupant 80 chercheurs environ, dont une quinzaine d'habilités et une trentaine de docteurs. Le LAMSIN est fortement associé à l'INRIA (deux équipes de recherche associées), il a été pôle d'excellence régional de l'AUF en 2004-2005, et il est la plaque tournante maghrébine du projet SARIMA financé par le FSP ;
  • la Chaire UNESCO « Mathématique et développement », qui organise depuis 2004 des semestres thématiques et des ateliers ayant pour objet la dissémination d'une culture scientifique appliquée parmi les mathématiciens de la zones Maghreb-Afrique-Méditerranée.

Le projet se déploiera sur trois années, avec pour objectif ultime de définir un certain nombre d'actions de R&D mettant en présence deux protagonistes de chaque côté (un laboratoire et une entreprise). Ces actions de R&D se déploieront sous différentes formes (projets de fin d'études, mémoires de Master, thèses de doctorat) et constitueront des vecteurs de la collaboration entre les entreprises d'une part, et entre les entreprises et les laboratoires de recherche d'une autre part.

La démarche s'articule sur le triptyque acquisition/approfondissement/production

L'acquisition est celle d'une « culture des applications » dans trois domaines cruciaux pour le développement économique des années à venir en Tunisie :

La partie acquisition concernera une cinquantaine d'auditeurs. La moitié de la promotion sera composée d'élèves ingénieurs, la seconde moitié d'étudiants en master. La première moitié des cours seront choisis en accord avec les départements de l'ENIT (Génie mécanique, Génie civil, Génie électrique et Génie industriel), afin d'impliquer un grand nombre d'élèves ingénieurs en dernière année d'étude. Ces cours seront inclus dans la formation initiale, et auront une forte coloration « calcul scientifique ». La seconde moitié des cours seront dispensés sous formes d'écoles, d'une durée de 15 jours, et seront organisés à l'intention d'ingénieurs en reconversion et d'étudiants en master. La première école - portant sur « Mathématique et mécanique » - prendra place dès le mois de novembre 2008. Une école réunit une vingtaine d'auditeurs et pourra inclure des étudiants des pays avoisinants. Cette ouverture est essentielle pour deux raisons au moins : d'une part, elle s'inscrit dans le dynamique de la construction euro- méditerranéenne ; d'autre part, elle permet la réalisation effective d'un programme relativement intensif pour un pays aux dimensions de la Tunisie.

Le corps « enseignant » sera essentiellement constitué de tunisiens établis en France, où la diaspora est riche en expertises dans ces domaines. L'acquisition de la culture des applications se fera grâce à la mixité au sein de ces écoles, qui réuniront mathématiciens appliqués et experts des domaines d'application.

L'approfondissement visera à transformer les connaissances acquises en savoir-faire, susceptible d'aboutir à des réalisations d'école (ce que les anglo-saxons appellent des « toy-models »). Cet objectif sera atteint par le biais d'ateliers mettant en présence des professionnels et des chercheurs. Les auditeurs participants à ces cessions d'approfondissement, s'exerceront à l'utilisation de codes de calcul sur des problèmes « standard », l'objectif étant de se familiariser à l'utilisation des logiciels, de faire le lien entre les aspects théoriques des méthodes étudiées pendant les sessions d'acquisition, l'utilisation pratique de ces méthodes et leur intérêt pour la résolution de problèmes modèles. Pendant cette session, il sera important d'apprendre à choisir les meilleurs façons de représenter les résultats obtenus, en vue de leur analyse. Ces ateliers seront organisés autour de petits groupes de trois à quatre étudiants, encadrés par des enseignants locaux et tunisiens installés en France.

La production met nécessairement en présence deux entreprises et deux laboratoires pour la solution d'un problème concret, dans des cadres variables. L'idée est que se développent de cette manière un savoir-faire et une compétence opérationnels, susceptibles de favoriser des partenariats industriels et à terme des investissements directs. A ce stade, la mise en place se fera au moyen de missions et réunions de travail regroupant les quelques protagonistes (encadrants, prescripteurs industriels, étudiants-chercheurs). Chaque participant travaille au sein d'une équipe sur un projet proposé par un partenaire industriel. Une équipe est composée de jeunes chercheurs ou académique. Le travail consiste en plusieurs chercheurs confirmés issus du milieu industriel ou académique. Le travail consiste en une étude détaillé du problème proposé, au choix du modèle le mieux adapté au problème posé, à la collecte des données et des paramètres nécessaires à la mise en place du modèle et à la résolution proprement dite du problème. Les résultats obtenus par le calcul seront par la suite analysés, afin de les exploiter pour répondre aux questions posées par l'industriel. Ainsi au terme du projet, les auditeurs auront participé à une étude complète d'un problème réel. Sur le plan académique, ces projets pourront s'inscrire, selon leur importance et leur volume, dans des projets de fin d'études d'ingénieur ou de Master, voire dans des thèses de doctorat à forte connotation industrielle (de type CIFFRE).

 
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